La vie reprendra un semblant de normalité lundi, quand les enfants retourneront en classe
[[auteur/melissa-guillemette/|Mélissa Guillemette]] 30 janvier 2010Amérique Latine
Deux enfants dans un camp pour sinistrés, à Port-au-Prince
Photo : Agence Reuters Jorge SilvaDeux enfants dans un camp pour sinistrés, à Port-au-PrinceDes milliers d'enfants haïtiens reprendront les cours lundi, sous les tentes qui leur servent aujourd'hui de maison. Dix-huit jours après le séisme qui a frappé la Perle des Antilles, Haïti s'efforce de reprendre un rythme de vie normal.
De 5000 à 8000 écoles ont été détruites lors du tremblement de terre du 12 janvier et plusieurs servent encore aujourd'hui de refuge à des sans-abri. Toit ou pas, plusieurs petits reprendront les classes, a annoncé hier une radio locale, sans préciser combien de ces écoles improvisées reprendront leurs activités. Le président d'Haïti, René Préval, espère quant à lui rouvrir toutes les écoles en mars. Certaines classes des écoles qui ont tenu le coup seront d'ici là ouvertes après inspection.
Son fils de six ans installé sur ses genoux, Faver Volmar se réjouit. «Sans éducation, il n'y a pas de vie», raconte l'homme rencontré dans un marché de Pétionville, une commune en banlieue de Port-au-Prince. Son petit Richard fait partie du 1,8 million de personnes qui ont été affectées par le séisme, selon les chiffres du ministère de l'Éducation du pays.
Le gouvernement haïtien souhaite que la situation permette au pays de se forger un meilleur système d'éducation. Le système était jusqu'à présent inefficace dans ce pays où seulement 53 % des neuf millions d'habitants savent lire. Le gouvernement espère établir un système harmonisé, doté du même programme pour les établissements publics et privés, chapeauté par le ministère de l'Éducation.
Le quotidien reprend tranquillement son sens, alors que d'énormes camions blancs de l'ONU transportent plus de débris chaque jour. Les embouteillages sont déjà de retour et des poteaux téléphoniques ont été réparés.
Dans les rues de la région de la capitale, le commerce reprend tranquillement. Les paniers de bonbons colorés, de fromage, de serviettes et autres biens abondent le long des routes. Seul hic: les vendeurs sont beaucoup plus nombreux que les acheteurs. «Nous avons besoin de davantage de touristes», estime Sorel Charles, un agent de change de Port-au-Prince. «Cela permettrait de réinjecter directement des devises dans l'économie», dit-il. Sinon, «le gouvernement va prendre toute l'aide et la donner à ses amis, pas au peuple».
Plusieurs secouristes étrangers, dont l'équipe russe, s'apprêtent à plier bagages. Pourtant, des 200 000 personnes blessées lors du séisme, plusieurs ont toujours besoin de recevoir des soins et les médecins sont surchargés. Une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a par ailleurs souligné un «besoin critique» de spécialistes en chirurgie orthopédique et interne. Côté matériel, c'est le même constat: certains hôpitaux de Port-au-Prince voient leurs réserves de médicaments de base fondre, et les médecins haïtiens s'inquiètent.
Les besoins d'assistance médicale sont d'autant plus grands qu'une catastrophe sanitaire pourrait survenir en raison des conditions de vie de dizaines de milliers d'Haïtiens qui ont perdu leur logis. Des cas d'épidémie ont été répertoriés dans les camps de fortune établis dans les parcs de Port-au-Prince. «Plusieurs équipes médicales ont rapporté des cas de plus en plus nombreux de diarrhées ces deux ou trois derniers jours», a informé un porte-parole de l'OMS, Paul Garwood, en point de presse à Genève hier. Des cas de rougeole et de tétanos ont aussi été signalés par des équipes médicales dépêchées sur place. L'OMS a par ailleurs annoncé une campagne de prévention qui débutera la semaine prochaine.
Retour à l'école
La vie reprendra un semblant de normalité lundi, quand les enfants retourneront en classe
[[auteur/melissa-guillemette/|Mélissa Guillemette]] 30 janvier 2010 Amérique LatineDe 5000 à 8000 écoles ont été détruites lors du tremblement de terre du 12 janvier et plusieurs servent encore aujourd'hui de refuge à des sans-abri. Toit ou pas, plusieurs petits reprendront les classes, a annoncé hier une radio locale, sans préciser combien de ces écoles improvisées reprendront leurs activités. Le président d'Haïti, René Préval, espère quant à lui rouvrir toutes les écoles en mars. Certaines classes des écoles qui ont tenu le coup seront d'ici là ouvertes après inspection.
Son fils de six ans installé sur ses genoux, Faver Volmar se réjouit. «Sans éducation, il n'y a pas de vie», raconte l'homme rencontré dans un marché de Pétionville, une commune en banlieue de Port-au-Prince. Son petit Richard fait partie du 1,8 million de personnes qui ont été affectées par le séisme, selon les chiffres du ministère de l'Éducation du pays.
Le gouvernement haïtien souhaite que la situation permette au pays de se forger un meilleur système d'éducation. Le système était jusqu'à présent inefficace dans ce pays où seulement 53 % des neuf millions d'habitants savent lire. Le gouvernement espère établir un système harmonisé, doté du même programme pour les établissements publics et privés, chapeauté par le ministère de l'Éducation.
Le quotidien reprend tranquillement son sens, alors que d'énormes camions blancs de l'ONU transportent plus de débris chaque jour. Les embouteillages sont déjà de retour et des poteaux téléphoniques ont été réparés.
Dans les rues de la région de la capitale, le commerce reprend tranquillement. Les paniers de bonbons colorés, de fromage, de serviettes et autres biens abondent le long des routes. Seul hic: les vendeurs sont beaucoup plus nombreux que les acheteurs. «Nous avons besoin de davantage de touristes», estime Sorel Charles, un agent de change de Port-au-Prince. «Cela permettrait de réinjecter directement des devises dans l'économie», dit-il. Sinon, «le gouvernement va prendre toute l'aide et la donner à ses amis, pas au peuple».
Plusieurs secouristes étrangers, dont l'équipe russe, s'apprêtent à plier bagages. Pourtant, des 200 000 personnes blessées lors du séisme, plusieurs ont toujours besoin de recevoir des soins et les médecins sont surchargés. Une porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a par ailleurs souligné un «besoin critique» de spécialistes en chirurgie orthopédique et interne. Côté matériel, c'est le même constat: certains hôpitaux de Port-au-Prince voient leurs réserves de médicaments de base fondre, et les médecins haïtiens s'inquiètent.
Les besoins d'assistance médicale sont d'autant plus grands qu'une catastrophe sanitaire pourrait survenir en raison des conditions de vie de dizaines de milliers d'Haïtiens qui ont perdu leur logis. Des cas d'épidémie ont été répertoriés dans les camps de fortune établis dans les parcs de Port-au-Prince. «Plusieurs équipes médicales ont rapporté des cas de plus en plus nombreux de diarrhées ces deux ou trois derniers jours», a informé un porte-parole de l'OMS, Paul Garwood, en point de presse à Genève hier. Des cas de rougeole et de tétanos ont aussi été signalés par des équipes médicales dépêchées sur place. L'OMS a par ailleurs annoncé une campagne de prévention qui débutera la semaine prochaine.